Réflexion stratégique & Action
Un réseau pluraliste de chercheurs, de praticiens et d'acteurs publics engagés dans une réflexion de long terme — au-delà des disciplines et des frontières.
Notre mission
Le PNT a été conçu pour répondre à une transformation profonde qui redessine l'ordre régional et international — en articulant une pensée stratégique là où elle fait le plus défaut.
Au croisement des grandes transitions — climatique, démographique, énergétique, technologique et géopolitique — les sociétés d'Afrique du Nord font face à des défis structurels qui dépassent les capacités d'une gestion purement réactive. Le PNT réunit des acteurs engagés dans une réflexion de long terme, outillés pour analyser les arbitrages, anticiper les ruptures et construire des visions stratégiques ancrées dans les réalités locales.
Son rôle est de structurer un espace de dialogue rigoureux entre chercheurs, praticiens et décideurs — capable de repolitiser les débats techniques et de renforcer les capacités stratégiques au sein des sociétés et des institutions.
Nos programmes
Transitions énergétiques & politiques industrielles
Ce programme analyse les dynamiques de la transition énergétique en Afrique du Nord à l'intersection des contraintes climatiques, des impératifs de développement et des repositionnements géopolitiques. Il mobilise des outils d'analyse prospective et de modélisation stratégique pour éclairer les arbitrages de politique publique — entre souveraineté énergétique, attractivité des investissements verts et justice sociale.
Transitions énergétiques & politiques industrielles
De la décarbonation à la recomposition des ordres politiques — les défis structurels qui transforment l'Afrique du Nord à l'horizon 2050.
La transition énergétique et l'essor des technologies dites « vertes » ont créé à la fois des défis et des opportunités pour les pays d'Afrique du Nord — fragilisant les producteurs d'hydrocarbures tout en ouvrant des perspectives aux futurs fournisseurs d'énergies renouvelables.
Le défi de la décarbonation régionale
La transition énergétique et l'essor des technologies dites « vertes » ont créé à la fois des défis et des opportunités pour les pays d'Afrique du Nord. Ils ont indéniablement fragilisé la position des pays producteurs d'hydrocarbures, notamment la Libye et l'Algérie. À l'inverse, ils ont ouvert des perspectives à d'autres pays, comme le Maroc et la Tunisie, qui cherchent à se positionner parmi les fournisseurs clés d'énergies renouvelables pour l'Europe.
Cependant, la décarbonation représente un défi majeur pour ces États, qui doivent préserver leur compétitivité et maintenir leur accès au marché européen dans le contexte de la mise en œuvre prochaine du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne (Carbon Border Adjustment Mechanism – CBAM), qui imposera une taxation sur les produits fortement émetteurs en carbone. Ce « protectionnisme vert » pourrait s'avérer extrêmement difficile à gérer pour ces pays, contraints de moderniser leurs économies et de restructurer leurs économies politiques.
L'objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050 constituera ainsi une épreuve majeure pour les régimes politiques, les économies et les sociétés. Penser le long terme permet d'ouvrir une réflexion sur les complexités économiques, politiques, sociales et géopolitiques de cette transition : possibilités de renégociation des compromis politiques, reconstruction des coalitions au pouvoir, refondation du contrat social et repositionnement dans l'ordre mondial en mutation.
Vulnérabilité au CBAM par secteur
Exposition estimée des exportations nord-africaines vers l'UE — score de risque (0–100)
Une menace existentielle pour la stabilité régionale
Longtemps marginalisé dans les débats politiques, sociaux et économiques, le changement climatique devient progressivement une préoccupation centrale en Afrique du Nord, dans l'espace méditerranéen et au Sahel. Ces régions font face à une série de défis susceptibles de constituer une menace grave, voire existentielle, pour les régimes en place, de déstabiliser durablement ces espaces et de transformer profondément les relations entre les citoyens et les États.
L'Afrique du Nord est particulièrement vulnérable aux variations de température et de précipitations. Les effets du changement climatique risquent donc d'aggraver fortement l'insécurité alimentaire dans la région. Des climats plus chauds et plus secs devraient bouleverser les modèles agricoles et, par extension, les sources d'approvisionnement alimentaire. La réduction des précipitations et la hausse des températures devraient raccourcir les cycles de culture, diminuer les rendements agricoles et affecter négativement l'élevage à travers la réduction des périodes de pâturage et la raréfaction de l'eau potable pour le bétail.
Les pays de la région ont besoin d'investissements massifs pour s'adapter au changement climatique. Le coût de cette adaptation est considérable, estimé à environ 2 % du PIB par an au cours de la prochaine décennie. Mais le coût de l'inaction serait encore plus élevé. L'adaptation peut également constituer une source d'emplois et de croissance. À l'inverse, ne rien faire aggravera presque certainement les inégalités et les conflits.
coût d'adaptation
prévu d'ici 2050
rendements agricoles
alimentaire max.
Le coût de l'inaction serait bien supérieur à celui de l'adaptation — mais ne rien faire aggravera presque certainement les inégalités et les conflits.
La transition vers des ordres à accès ouvert
En Afrique du Nord, le secteur privé ne dispose pas d'une véritable autonomie. Il souffre de distorsions structurelles, du poids du capitalisme de connivence et d'une forte dépendance aux relations politiques pour accéder aux marchés publics, au financement et aux opportunités économiques. Ces « ordres à accès limité » ont freiné à la fois la démocratisation et le développement économique.
Les forces militaires, les élites dirigeantes ou certaines forces politiques ont joué un rôle central dans la limitation de l'accès des autres groupes sociaux aux ressources stratégiques — terres, travail, capital — ainsi qu'aux activités économiques comme le commerce, les marchés ou les services publics.
Le défi pour ces pays consiste donc à démocratiser leurs économies et à évoluer vers des « ordres à accès ouvert », où les opportunités économiques seraient moins dépendantes des réseaux politiques et davantage fondées sur des règles transparentes et inclusives.
(top 10% des entreprises)
réseaux politiques
marché intérieur
Le défi de la « slowbalisation »
Après des décennies d'hypermondialisation, le commerce mondial connaît un tournant. Une tendance de relocalisation des productions à proximité des zones de consommation est en cours, motivée à la fois par la volonté de réduire les émissions de CO₂ et par la recherche de partenaires jugés géopolitiquement sûrs face aux nouveaux risques stratégiques et sanitaires.
Dans un monde de plus en plus fragmenté et marqué par un ralentissement de la croissance mondiale, la possibilité de produire dans des pays géographiquement et stratégiquement proches de l'Europe et des pays du Golfe peut offrir des avantages importants aux pays d'Afrique du Nord. Les secteurs à fort potentiel incluent l'adaptation des chaînes de valeur aux préférences des consommateurs, les services à haute valeur technologique ou culturelle, ainsi que l'agro-industrie à forte valeur ajoutée.
Mais si ces pays ne saisissent pas ces opportunités et ne s'adaptent pas à la recomposition des chaînes de valeur mondiales, ils risquent de se retrouver marginalisés et déstabilisés.
Potentiel de relocalisation vers l'Afrique du Nord
Indice d'attractivité sectorielle (0–100) — proximité géographique × compétitivité × stabilité
Renouveler le politique à l'ère du populisme et des périls
Dans un contexte marqué par l'autoritarisme, le déclin économique, la colère populiste et les menaces écologiques, les sociétés sont en quête de protection. Le néolibéralisme a fragilisé la prospérité économique et échoué à répondre aux inégalités et à l'insécurité qu'il a lui-même contribué à accentuer.
Cet échec systémique offre un terrain favorable aux populismes autoritaires dans le Sud global, qui présentent désormais la prospérité comme le prix à payer pour la liberté.
Le défi pour les sociétés nord-africaines consiste alors à construire des systèmes politiques responsables et redevables, à former des coalitions de changement, et à promouvoir l'égalité, la transparence et la démocratie. Aucun des défis écologiques, économiques ou sociaux ne pourra être relevé sans une gouvernance véritablement démocratique et responsable.
Aucun des défis écologiques, économiques ou sociaux ne pourra être relevé sans une gouvernance véritablement démocratique et responsable.
stratégiques
de neutralité carbone
directement concernés
à cartographier
Thématiques couvertes
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Une boussole intellectuelle et éthique pour orienter chaque programme, chaque dialogue et chaque publication du réseau.