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Une crise silencieuse mais systémique. Comment la guerre au Moyen-Orient du printemps 2026 révèle, sans les créer, les fragilités structurelles de l'économie tunisienne.
La Tunisie traverse une crise dont la nature profonde reste souvent mal décrite. Les indicateurs officiels suggèrent encore une forme de stabilité relative : l'inflation ralentit légèrement, les réserves en devises se maintiennent à un niveau jugé acceptable, le chômage paraît relativement stable et les institutions continuent de fonctionner. Pourtant, derrière cette apparente normalité se développe une dynamique beaucoup plus inquiétante : celle d'un affaiblissement structurel de l'économie, de l'État et des mécanismes de cohésion sociale.
La guerre au Moyen-Orient au printemps 2026 agit ici comme un révélateur plutôt que comme une cause unique. La hausse des prix de l'énergie, les tensions sur les produits raffinés, les risques logistiques autour du détroit d'Ormuz et la volatilité des marchés agricoles ne créent pas les fragilités tunisiennes ; ils les exposent brutalement. Le choc extérieur intervient dans un pays déjà marqué par une croissance faible, un investissement en panne, un épuisement budgétaire, une crise de gouvernance monétaire, une dépendance énergétique élevée et un affaiblissement des médiations politiques et sociales. Ce diagnostic prolonge l'analyse développée dans notre note sur le prix de la dépendance énergétique tunisienne face au choc de 2026.
Le risque principal n'est pas nécessairement celui d'un effondrement soudain. Le scénario tunisien est probablement plus ambigu et plus difficile à gouverner : une lente dégradation combinant stagnation économique, paupérisation progressive, inflation diffuse, fragmentation institutionnelle et perte de confiance. Cette dynamique produit un type particulier d'instabilité : une société qui semble calme en surface mais dont les capacités de résilience matérielle et politique s'érodent progressivement.
La question centrale devient alors moins celle de la croissance au sens strict que celle de la soutenabilité politique et sociale de l'économie tunisienne. Jusqu'où un système peut-il fonctionner avec une croissance faible, une dépendance croissante à l'endettement intérieur, des services publics fragilisés et un pouvoir d'achat continuellement comprimé ? Quels sont les risques politiques d'une économie qui n'offre plus ni mobilité sociale, ni horizon collectif, ni capacité d'intégration économique ?
Une croissance faible qui masque une stagnation plus profonde
L'un des constats les plus frappants issus des débats économiques récents concerne la faiblesse réelle de la croissance tunisienne. Les chiffres officiels donnent l'image d'une légère reprise, avec une croissance en glissement annuel autour de 2,6 %. Mais plusieurs économistes soulignent que cette lecture est trompeuse.
Les comparaisons sont effectuées par rapport à des périodes déjà déprimées, ce qui produit mécaniquement des effets statistiques de rattrapage. En réalité, les données sectorielles et monétaires suggèrent une stagnation beaucoup plus profonde. Le PIB réel par habitant reste inférieur à son niveau d'avant la pandémie de Covid-191. Les importations de biens d'équipement — souvent considérées comme un indicateur avancé de l'investissement futur — demeurent faibles et très loin des niveaux observés dans les années 2000 ou au début des années 2010. Les banques tunisiennes elles-mêmes indiquent recevoir très peu de nouveaux projets d'investissement privés.
Cette panne de l'investissement constitue probablement le signal le plus inquiétant pour l'avenir du pays. Une économie peut survivre temporairement avec une croissance faible ; elle devient beaucoup plus vulnérable lorsqu'elle cesse d'investir dans ses capacités productives futures. Or, en Tunisie, cette faiblesse touche simultanément l'investissement public et l'investissement privé.
L'investissement public reste officiellement inscrit dans les budgets, mais les taux d'exécution demeurent faibles. Les contraintes budgétaires poussent régulièrement l'État à sacrifier les dépenses d'équipement pour préserver les dépenses courantes, notamment salariales et sociales. Quant au secteur privé, il évolue dans un climat d'incertitude marqué par le ralentissement économique, la difficulté d'accès au financement, la faiblesse de la demande et la perte de visibilité politique.
Cette situation nourrit progressivement une économie de survie davantage qu'une économie de projection. Les entreprises cherchent à limiter leurs risques plutôt qu'à se développer. Les ménages réduisent leurs dépenses discrétionnaires. Les jeunes qualifiés privilégient l'émigration. À moyen terme, cette logique produit une forme de décapitalisation silencieuse du pays, se traduisant par un appauvrissement progressif des ménages, une érosion des capacités productives et une paupérisation croissante d'une large partie de la population.
Le pouvoir d'achat, foyer central de la crise sociale
Le principal canal de transmission de la crise économique vers la société tunisienne reste le pouvoir d'achat. L'inflation officielle a ralenti par rapport aux pics observés après la guerre en Ukraine, mais ce ralentissement masque plusieurs distorsions importantes.
D'abord, une partie importante des prix demeure administrée. Les prix de certains produits de base — carburants, pain, produits laitiers ou viande — sont partiellement encadrés ou subventionnés, ce qui réduit artificiellement certains indicateurs officiels. Ensuite, plusieurs économistes soulignent que le panier utilisé pour mesurer l'inflation ne correspond plus réellement aux habitudes de consommation des ménages tunisiens. La perception sociale de l'inflation reste donc très supérieure aux chiffres officiels.
Cette perception est renforcée par une transformation profonde des comportements alimentaires et de consommation. Plusieurs observateurs notent que l'appauvrissement progressif pousse une partie croissante des ménages vers des produits moins coûteux mais aussi moins nutritifs. La consommation de protéines animales diminue tandis que la consommation de produits céréaliers augmente2. Cette évolution n'est pas simplement économique ; elle devient anthropologique et politique. Une société où les classes moyennes réduisent progressivement leur qualité de vie développe souvent un sentiment de déclassement plus explosif que dans des contextes de pauvreté ancienne.
La crise du pouvoir d'achat affecte également la relation entre citoyens et institutions. Les services publics se dégradent alors même que la pression fiscale demeure élevée. Les ménages ont le sentiment de payer davantage pour recevoir moins : moins de qualité dans l'éducation, moins de performance dans les transports, moins de capacité hospitalière, moins d'infrastructures urbaines.
Cette stabilité sociale dépend largement de mécanismes compensatoires informels : solidarité familiale, transferts de la diaspora, économie informelle, crédit privé et maintien de certaines subventions. Ces mécanismes sont cependant fragilisés par la forte progression de l'endettement des ménages : selon une étude récente de l'IACE, l'endettement moyen a augmenté de près de 66 % en dix ans, portant le taux de fragilité budgétaire à environ 171 % et réduisant considérablement les marges de manœuvre des ménages3. Or ces mécanismes eux-mêmes commencent à montrer des signes d'essoufflement.
La crise fiduciaire et l'érosion de la confiance économique
L'un des phénomènes les plus significatifs de la période récente est la montée d'une crise fiduciaire diffuse. Celle-ci ne prend pas la forme d'une panique bancaire ouverte, mais d'une perte graduelle de confiance dans les institutions monétaires et financières.
La forte progression du cash en circulation constitue un signal important4. Les billets et monnaies représentent désormais une part inhabituellement élevée de la masse monétaire. Cette augmentation traduit plusieurs dynamiques simultanées : développement du secteur informel, méfiance envers les banques, recherche de protection contre l'incertitude et montée des circuits parallèles de change. Dans plusieurs villes tunisiennes, le marché informel des devises fonctionne désormais presque à ciel ouvert. Une partie croissante des ménages cherche à conserver son épargne en euros ou en dollars plutôt qu'en dinars.
Cette situation nourrit un cercle vicieux. Plus la confiance dans la monnaie nationale s'érode, plus les comportements de protection individuelle se développent. Plus ces comportements se développent, plus la pression sur le système monétaire augmente. Parallèlement, les banques tunisiennes deviennent de plus en plus dépendantes du financement de l'État. Une part croissante de leurs actifs est désormais constituée de créances souveraines ou de financements indirects d'entreprises publiques en difficulté. Cette évolution réduit mécaniquement leur capacité à financer l'économie productive.
Les petites et moyennes entreprises rencontrent des difficultés croissantes d'accès au crédit. Les banques publiques elles-mêmes refusent désormais de financer certaines entreprises publiques fortement endettées. Quant aux banques privées, elles adoptent des stratégies de prudence accrues. Cette situation produit un phénomène de fragmentation économique : l'État absorbe une part croissante des ressources financières disponibles tandis que l'économie productive manque de financement. À long terme, cette dynamique menace la capacité même du système bancaire tunisien à jouer son rôle historique d'intermédiation économique.
La dépendance énergétique comme risque politique majeur
La dépendance énergétique tunisienne constitue aujourd'hui l'un des principaux vecteurs de vulnérabilité systémique. La Tunisie importe environ les deux tiers de ses besoins énergétiques5.
L'électricité tunisienne dépend encore massivement du gaz naturel, principalement importé d'Algérie via les corridors gaziers de Méditerranée. Cette dépendance ne se limite pas à une question commerciale ; elle possède une dimension géopolitique directe, comme l'illustrent les centralités stratégiques contrastées de l'Algérie et du Maroc. La crise au Moyen-Orient a rappelé brutalement que l'énergie ne constitue pas simplement un input économique mais une infrastructure politique.
Une hausse durable des prix du pétrole ou du gaz produit immédiatement plusieurs effets simultanés : aggravation du déficit budgétaire, pression sur les réserves en devises, hausse des coûts industriels, inflation alimentaire via les intrants agricoles et tensions sociales liées aux carburants et aux transports. Le problème tunisien réside dans l'effet cumulatif de ces chocs. L'État tunisien ne dispose plus des marges budgétaires qui lui permettraient d'absorber durablement des hausses importantes des prix énergétiques. Les entreprises publiques énergétiques — notamment la STEG et la STIR — sont elles-mêmes fragilisées financièrement.
Cette situation transforme progressivement l'énergie en question de stabilité politique. Une réforme brutale des prix pourrait provoquer des tensions sociales importantes. Mais l'absence de réforme aggrave parallèlement les déséquilibres budgétaires et financiers. La Tunisie se retrouve donc enfermée dans une logique de gestion défensive permanente.
Le paradoxe est que le pays dispose d'un potentiel solaire important mais reste très en retard dans sa transition énergétique6. Cette lenteur ne s'explique pas uniquement par des contraintes techniques. Elle reflète aussi les blocages institutionnels, la faiblesse des capacités de planification et l'absence d'une véritable doctrine énergétique articulant souveraineté, industrie et justice sociale — un enjeu que nous analysons en détail à propos du soleil tunisien pris en otage par les concessions solaires.
Une société plus vulnérable parce que les médiations s'affaiblissent
L'un des risques majeurs de la séquence actuelle est précisément que la dégradation économique ne produise pas un seul type de réaction politique, mais plusieurs dynamiques potentiellement contradictoires.
La première hypothèse est celle d'un retour des mobilisations sociales classiques : protestations contre la vie chère, grèves sectorielles, tensions autour des pénuries, contestation des hausses de prix ou des réformes des subventions. L'histoire tunisienne montre que les crises économiques prolongées finissent souvent par produire des moments de rupture lorsque les mécanismes de compensation deviennent insuffisants. Les émeutes du pain de 1984, les révoltes du bassin minier de 2008 ou encore certaines mobilisations post-2011 rappellent que la question sociale reste profondément explosive dans le contexte tunisien.
Mais le second risque est plus ambigu et peut-être plus inquiétant encore : celui d'une radicalisation d'une partie des soutiens du pouvoir lui-même. Dans des contextes de stagnation prolongée, lorsque les difficultés matérielles augmentent mais que le pouvoir conserve une légitimité symbolique ou morale auprès d'une partie de la population, la recherche de responsables peut progressivement se déplacer vers des groupes désignés comme ennemis intérieurs.
Cette logique est déjà visible dans certains segments du débat public tunisien. La détérioration économique est souvent attribuée non à des blocages structurels ou à des erreurs de politique économique, mais à des acteurs présentés comme des saboteurs : spéculateurs, réseaux de corruption, opposants politiques, hommes d'affaires, fonctionnaires accusés de bloquer les réformes, acteurs étrangers, migrants subsahariens ou minorités diverses. Dans ce type de configuration, la crise économique peut produire une dynamique de polarisation sociale beaucoup plus dangereuse qu'une simple contestation anti-gouvernementale.
Le danger est alors celui d'un passage progressif d'une conflictualité économique à une conflictualité identitaire et punitive7. Dans plusieurs contextes internationaux, les crises économiques prolongées ont déjà montré qu'elles pouvaient produire simultanément des mouvements sociaux contre le pouvoir et des formes de radicalisation pro-régime dirigées contre des catégories accusées d'être responsables des difficultés collectives. La Tunisie n'est évidemment pas dans une telle situation aujourd'hui. Mais l'érosion économique prolongée, combinée à l'affaiblissement des médiations politiques et à la diffusion de discours de désignation d'ennemis intérieurs, constitue un facteur de risque qui ne peut plus être ignoré.
La vulnérabilité tunisienne actuelle ne provient pas uniquement des indicateurs économiques. Elle tient aussi à l'affaiblissement progressif des mécanismes politiques et sociaux capables d'absorber les tensions. Pendant plusieurs décennies, la société tunisienne disposait d'institutions intermédiaires jouant un rôle de stabilisation : syndicats puissants, organisations professionnelles, partis politiques, associations, structures locales, administrations territoriales. Même lorsqu'ils étaient conflictuels, ces espaces permettaient de transformer les tensions sociales en négociations.
Aujourd'hui, beaucoup de ces mécanismes apparaissent affaiblis8. L'Union générale tunisienne du travail conserve un poids symbolique important mais son rôle dans la négociation économique et sociale s'est fortement réduit. Les partis politiques sont discrédités ou marginalisés. Les collectivités locales ont perdu une partie de leur autonomie et de leurs capacités d'action. La société civile fonctionne dans un climat de pression croissante. Le risque tunisien n'est donc pas uniquement celui d'une explosion sociale immédiate. Il est aussi celui d'une dégradation lente de la gouvernabilité : l'État peut continuer à fonctionner administrativement tout en perdant progressivement sa capacité à produire du consentement.
Le paradoxe politique du moment tunisien
L'une des spécificités de la situation actuelle réside dans le décalage entre l'aggravation des fragilités économiques et le maintien relatif d'une certaine stabilité politique.
Une partie de la population continue de soutenir le pouvoir en place, notamment parce qu'il conserve une image d'intégrité et d'opposition aux anciennes élites politiques. Cette légitimité repose cependant moins sur des performances économiques que sur une dimension morale et symbolique. Le pouvoir actuel bénéficie encore d'un récit politique structuré autour de la lutte contre la corruption, du rejet des anciens partis et de la dénonciation des réseaux d'influence. Mais ce type de légitimité possède des limites matérielles.
Or le risque tunisien actuel est précisément celui d'une crise sans temporalité identifiable. La stagnation économique dure depuis plus d'une décennie. Les jeunes générations n'ont connu ni croissance forte, ni véritable amélioration du marché du travail. Les services publics se dégradent continuellement. Les perspectives de mobilité sociale se réduisent. Cette situation nourrit progressivement une fatigue politique diffuse. L'effilochement de la base populaire du pouvoir ne signifie pas nécessairement l'émergence immédiate d'une alternative politique structurée. Il peut aussi produire une forme de désengagement collectif, de retrait social et de fragmentation des comportements.
Le risque d'une économie de pénuries
Plusieurs économistes tunisiens soulignent que le principal mécanisme d'ajustement actuel n'est plus réellement la réforme économique mais la pénurie9.
Cette logique n'est pas nouvelle dans l'histoire tunisienne récente, mais elle tend à se généraliser. Lorsque les ressources budgétaires deviennent insuffisantes pour soutenir simultanément les subventions, les importations, les entreprises publiques et les équilibres financiers, le système commence à ajuster par la rareté : pénuries ponctuelles de certains produits, retards de paiement, dégradation des infrastructures, rationnement implicite du crédit ou réduction silencieuse de certains services.
Le danger de ce mode d'ajustement est qu'il fragilise progressivement la confiance collective. Une société peut supporter des réformes difficiles lorsqu'elles sont cohérentes et lisibles. Elle supporte beaucoup plus difficilement une dégradation diffuse et désordonnée. Le risque politique majeur n'est donc pas uniquement celui de manifestations massives ou d'un choc brutal. Il réside aussi dans la normalisation progressive d'un sentiment de dysfonctionnement permanent. Lorsque les pénuries, les coupures, les retards et les dégradations deviennent ordinaires, les citoyens cessent progressivement de percevoir l'État comme capable d'organiser l'avenir collectif.
Le FMI comme symptôme autant que solution
La question d'un éventuel retour à un accord avec le FMI traverse désormais l'ensemble des débats économiques tunisiens. Mais cette question est souvent mal posée.
Le FMI n'est pas uniquement un bailleur de fonds ; il représente aussi un mécanisme de crédibilisation extérieure. Un accord avec le Fonds pourrait faciliter l'accès à d'autres financements internationaux, réduire certaines pressions sur les réserves en devises et améliorer temporairement la visibilité financière du pays10. Cependant, les expériences passées ont profondément fragilisé la légitimité politique des programmes d'ajustement. Une partie importante de la société tunisienne associe désormais les réformes soutenues par le FMI à la hausse des prix, à la réduction des protections sociales et à l'aggravation des inégalités.
Le problème tunisien n'est donc pas seulement économique ; il est aussi politique. Un programme de réforme ne peut être soutenable que s'il existe des mécanismes de compensation crédibles, des institutions capables de négocier les arbitrages et une perception minimale de justice dans la répartition des coûts. Or c'est précisément ce qui manque aujourd'hui. Sans reconstruction des médiations sociales et sans stratégie économique lisible, un éventuel accord avec le FMI risque d'être perçu comme une simple externalisation des contraintes budgétaires.
Conclusion — la question de la gouvernabilité
La crise tunisienne actuelle dépasse largement les catégories traditionnelles de l'analyse macroéconomique. Le véritable enjeu n'est plus seulement celui des déficits, de la dette ou de la croissance. Il concerne la capacité de l'État et de la société à maintenir un niveau minimal de cohésion et de projection collective dans un contexte de vulnérabilités cumulatives.
La Tunisie entre progressivement dans une zone de risque caractérisée par la combinaison de plusieurs dynamiques : stagnation économique durable, dépendance énergétique, vulnérabilité alimentaire, affaiblissement du système bancaire, crise de confiance monétaire, érosion des services publics et fragmentation des médiations politiques. Le danger principal réside dans le caractère systémique de ces fragilités. Aucune d'entre elles ne suffit isolément à provoquer une rupture majeure. Mais leur combinaison réduit progressivement les capacités de résilience du système tunisien.
La stabilité apparente du moment actuel peut ainsi masquer une accumulation silencieuse de tensions économiques et sociales. Le défi stratégique pour la Tunisie n'est donc pas uniquement de retrouver de la croissance. Il consiste à reconstruire des capacités collectives de gouvernance dans un monde marqué par les chocs énergétiques, climatiques et géopolitiques. Cela suppose de repenser simultanément la politique énergétique, le financement de l'État, les protections sociales, la transition productive et les mécanismes de médiation politique.
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